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>Faits divers|Pascale Égré|28 mars 2017, 10h48|14


Paris (XVIIIE), lundi 27 mars. Geneviève et Yves Bernanos estiment que la détention provisoire de leur fils nuit au respect de sa présomption d’innocence.

(LP/PASCALE ÉGRÉ)

Pascale Égré
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Antonin Bernanos, étudiant en sociologie, est incarcéré depuis dix mois, accusé de l’assaut contre une voiture de police, quai de Valmy, à Paris, en mai 2016. Son sort se joue ce mardi matin devant la cour d’appel de Paris.

Ils ont voulu, à la veille d’une audience clé pour leur fils aîné, faire entendre leur voix. Geneviève et Yves Bernanos sont les parents d’Antonin, 22 ans, et d’Angel, 19 ans. Ces deux militants figurent parmi les huit personnes mises en examen dans le cadre de l’instruction ouverte pour tentative d’homicide après l’incendie d’une voiture de police où se trouvaient deux agents le 18 mai 2016 quai de Valmy à Paris (X e). Le plus jeune a été libéré sous contrôle judiciaire après quarante-deux jours de prison. L’aîné est incarcéré depuis près de dix mois. Son sort se joue ce mardi matin devant la cour d’appel de Paris. «Nous ne comprenons pas cette détention provisoire qui s’éternise et ne respecte pas sa présomption d’innocence», ont martelé ses parents lors d’une conférence de presse à la Ligue des droits de l’homme (LDH).

 

EN IMAGES. Des manifestants attaquent une voiture de police et la détruisent

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Le parquet s’oppose à son placement sous contrôle judiciaire

 

C’est la troisième fois, soulignent les avocats de cet étudiant en sociologie, qu’un juge des libertés et de la détention (JLD) ordonne le placement sous contrôle judiciaire d’Antonin Bernanos. La 3 e fois aussi que le parquet s’y oppose, amenant la chambre de l’instruction à trancher. «Son cas est symptomatique des mensonges de l’institution judiciaire sur le sens de la détention provisoire», dénonce M e Hugo Lévy, qui rappelle que son client «présente toutes les garanties de représentation». «Ce traitement judiciaire disproportionné montre que la détention provisoire, censée être l’exception, devient le principe», enchaîne Me Arié Alimi.

 

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Militant antifasciste «fiché et archifiché», rappelle Me Jérémie Assous, Antonin Bernanos a été désigné comme celui qui brise le pare-brise arrière du véhicule avec un plot — ce qu’il dément — par un témoin anonyme, qui s’est révélé être un policier. «C’est le seul élément à charge, tempête Me Assous. Il n’y a pas d’ADN, pas de preuve, pas de vidéo.» Jusqu’ici, l’assaillant qui jette le fumigène ayant mis le feu à la voiture n’a toujours pas été identifié, nous a par ailleurs confirmé le parquet.

 

Incarcéré à Fleury-Mérogis, Antonin Bernanos bénéficie d’une très forte mobilisation. Ses profs de la fac de Nanterre se sont organisés pour qu’il puisse continuer à étudier (lire nos éditions du 3 mars). Sur le site www.prison-insider, ses parents et lui-même ont décidé de raconter leur expérience, dans et hors les murs. «Aujourd’hui, ce sont ses idées, ce qu’il représente, qui lui valent d’être maintenu en détention, estime sa mère. Si on veut le faire sortir de là brisé, on se trompe. Il en sortira avec un regard encore plus aiguisé sur les injustices.»